L’iPhone: anxiété de séparation?

Être séparé de son iPhone aurait des impacts tant psychologiques que physiologiques, selon les résultats d’une étude.

 

Depuis 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère les ondes émises par les téléphones comme potentiellement cancérigènes. Mais si être proche de son mobile peut s’avérer nocif pour la santé, en être éloigné, également. Ne pas avoir son iPhone à portée de main engendrerait de vrais symptômes d’anxiété pouvant amener à une perte de concentration, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université du Missouri et publiée sur Science Daily début janvier.

Une équipe de scientifiques a mesuré la pression sanguine et la tension artérielle de 208 étudiants en journalisme invités à dresser une liste de tous les états des Etats-Unis. Pour ne pas fausser les résultats, ils ont expliqué aux participants que l’expérience visait à tester un nouveau tensiomètre sans fil. A mi-parcours, ils leur ont annoncé qu’il était préférable de laisser les iPhones à l’entrée de la pièce, «pour ne pas créer d’interférence avec le matériel médical», et ont demandé aux étudiants de recommencer le test à zéro. Alors même que les volontaires tentaient de réaliser une seconde fois l’exercice sans leur iPhone, les scientifiques les ont appelés, faisant se déclencher la sonnerie de leur mobile, un après l’autre.

Lors de la seconde expérience, les participants ont tous déclaré avoir ressenti de la «panique» ainsi qu’une importante augmentation de leur niveau de stress, lié au fait de ne pas pouvoir répondre à leur mobile lorsqu’il sonnait. Les tensiomètres ont quant à eux affiché une accélération de la pression sanguine et cardiaque chez la majorité des volontaires. Conséquence: ils ont été déconcentrés et ont, par la suite, éprouvé de sérieuses difficultés à dresser la seconde liste.

«Une extension de l’être»

«Les utilisateurs d’iPhone devrait éviter de garder leur mobile avec eux en permanence. Certaines situations quotidiennes requièrent une grande dose d’attention et de concentration et le caractère anxiogène d’une séparation “forcée” entre un utilisateur et son iPhone impacte négativement la performance lors de tâches intellectuelles, c’est très inquiétant», déclare Russel Clayton, doctorant à l’école de journalisme du Missouri et directeur de l’étude. «Pour certains, l’iPhone est devenu une extension de l’être, à tel point que lorsqu’ils en sont séparés, certains utilisateurs se sentent comme “diminués”; s’en suit un état physiologique négatif», ajoute-t-il, en précisant que l’expérience a porté sur des possesseurs d’iPhone uniquement, mais que les constatations pourraient vraisemblablement s’étendre aux détenteurs de n’importe quel smartphone, d’une manière plus générale.

Ce syndrome qui touche un grand nombre de personnes tout en restant peu connu, porte un nom: « nomophobie », ou «angoisse d’être éloigné de son smartphone». Apparue en 2008 au Royaume-Uni quand un premier institut de sondage s’est penché sur la question, cette «pathologie» touchait 63% des Américains en 2013. Ils auraient avoué «ne pas pouvoir passer plus d’une heure sans leur smartphone». En France, un sondage LFOP réalisé en 2013 affirmait que 58% des Français se déclarent «dépendants» à leur smartphone. Et si on déconnectait?

 

 

 

source article et image: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/01/15/23264-liphone-rend-il-bete